Prostitution : faut-il pénaliser le client ?

Le début de l’année 2018 a été marqué par les mouvements #metoo, #balancetonporc, auxquels nous nous sommes intéressés sur KARRDR lors du mois intersectionnel. Dans cette même démarche, et dans le cadre des deux ans de la loi prostitution promulguée en Avril 2016, Zoé est allée à la rencontre d’Annabel, qui est bénévole pour une association qui aide les prostituées à Bruxelles pour mieux cerner leur conditions de vie et le travail des bénévoles.

  • Pour comprendre un peu plus le contexte de la prostitution à Bruxelles, peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur la législation en Belgique ?

La Belgique a ratifié en 1965 la Convention des Nations Unies pour la Répression De La Traite Des Êtres Humains Et De L’exploitation De La Prostitution D’autrui. En transposant dans son code pénal les articles de cette Convention, la Belgique, tout comme 16 autres pays de l’Union Européenne, s’est engagée à lutter contre toutes les formes de proxénétisme.

  • Le proxénétisme est donc totalement interdit.

En revanche, les choses sont un peu plus floues en ce qui concerne le racolage. De fait, se prostituer n’est pas une infraction en soi, mais différents aspects qui entourent ce phénomène sont interdits par la loi, comme justement le racolage. Ainsi, si la prostitution en elle-même ne constitue plus une infraction, en revanche, les manifestations de la prostitution contraires à l’ordre public continuent à être condamnées. Un homme ou une femme n’a donc pas le droit d’être sur la voie publique et d’interpeller des clients potentiels. Toutefois, les clients, eux ne sont pas poursuivis.

  • On voit toujours la Belgique comme un pays plus libéral que la France. Est-ce qu’il y a un strict contrôle par les autorités de l’application de ces textes ?

Malgré la réglementation en vigueur, force est de constater que le proxénétisme bénéficie pourtant aujourd’hui d’une impunité croissante en Belgique. On observe une banalisation de la prostitution et l’absence totale de politique de prévention. Cette impunité s’appuie sur un allègement du Code Pénal qui, depuis 1995, tolère le proxénétisme immobilier à condition qu’il n’y ait pas de profit dit « anormal ».

Même si ce texte condamne le fait d’embaucher une personne en vue de la prostitution ou de tenir une maison de prostitution, la politique pénale belge n’agit pas en ce sens. En appliquant strictement ces articles du Code Pénal, la Villa Tinto à Anvers, les vitrines de la rue d’Aerschot et les carrées de Saint-Josse, mais aussi les nombreux bordels à la frontière belgo-française, seraient obligés de fermer. Il n’y a à l’heure actuelle, aucun contrôle réalisé dans les vitrines de la rue d’Aerschot.

Pourtant à Schaerbeek, les vitrines de la rue d’Aerschot pourraient toutes être considérées comme illégales : inscrites à la Banque-Carrefour des Entreprises comme « débits de boissons », elles fonctionnent donc sur la base d’une fausse déclaration et de faux contrats de « serveuses », ne respectent pas le droit du travail, et affichent clairement des horaires dépassant le maximum légal : « Engage serveuse, 6h-18h ou 18h-6h »

 

La Villa Tinto à Avners – © Stad Antwerpen

Par ailleurs, la loi belge prévoit de condamner tout profit anormal tiré de la location d’une chambre ou d’un local aux fins de prostitution. Dans les 60 vitrines de la rue d’Aerschot, chaque personne prostituée verse environ 7 500 € par mois, soit 250 € par tranche de 12 heures versés tous les jours du mois — 200 € aux propriétaires des vitrines et 50 € aux « dames de compagnie ».

Ainsi, les 150 premiers « clients » du mois leur permettent de payer uniquement leur « droit » d’être dans la vitrine. Chaque vitrine accueillant en moyenne quatre personnes par jour, le propriétaire d’une vitrine touche au minimum 800 € par jour, soit plus de 300 000 € par an. Dans les 80 à 90 carrées situées sur la commune de Saint-Josse, les « loyers » demandés aux personnes prostituées peuvent atteindre 3 500 € par mois.

Dans les deux cas, on a clairement affaire à du proxénétisme hôtelier, avec des profits complètement anormaux, et pourtant aucune action fédérale ne semble être engagée pour contrer ces abus. Par exemple la commune de Schaerbeek prélève une taxe de 2 500 € par femme par an sur les « bars » de la rue d’Aerschot, ainsi que 3 500 € par an pour chaque carrée sur son territoire ; de son côté, la commune de Saint-Josse perçoit une taxe annuelle de 650 € en moyenne par carrée.

“Les 150 premiers « clients » du mois leur permettent de payer uniquement leur « droit » d’être dans la vitrine.”

Les règlements de police des communes concernées n’interdisent pas les établissements de prostitution, mais les cantonnent à une série d’adresses précises. Ils exigent aussi le certificat de conformité délivré par la commune : ainsi peut devenir « exploitant » toute personne majeure ayant un casier judiciaire vierge. Il semble que les communes soient démunies et utilisent les quelques compétences à leur disposition en l’absence d’une politique fédérale ferme en matière de proxénétisme.

  • Parle-nous de ton travail avec ton association : que faites-vous concrètement et dans quels quartiers de Bruxelles ?

J’ai rejoint l’association il y a deux ans parce que la prostitution est un sujet qui m’a toujours intriguée. J’avais envie de me confronter à la réalité mais surtout de rencontrer des personnes prostituées car j’en avais assez de m’engueuler avec d’autres féministes qui me disaient que mes convictions abolitionnistes étaient inacceptables vu que je parlais à leur place.

Je me suis dit qu’il n’existait pas de meilleur moyen de me conforter dans ma position qu’en rencontrant ces personnes. J’avais besoin de le faire pour, en un sens, légitimer ma parole.

Les activités de l’association pour laquelle je suis bénévole se divisent en deux axes : tous les jeudis nous réalisons, en binômes, des maraudes dans deux quartiers de Bruxelles — l’Avenue Louise et l’Avenue de l’Yser.

Le but premier est de rompre la solitude et l’isolement des personnes prostituées. Nous allons à leur rencontre afin de parler avec elles sans autre but que de leur permettre de déverrouiller une parole souvent cadenassée par la peur et la méfiance.

Nous sommes toutes et tous bénévoles. Notre démarche est une démarche citoyenne par laquelle on ne propose rien de plus que notre écoute lors des maraudes. Il n’y a pas d’échange de préservatifs, pas de professionnels de la santé… du coup la rencontre ne se fait pas autour de quelques chose de spécifique. Nous sommes justes là, et cela permet d’aller plus loin dans le dialogue.  

Nous avons également une permanence qui leur est ouverte tous les vendredis. Il s’agit parfois juste de leur offrir un espace neutre où elles sont à l’abri hors du contexte de la rue. Certaines viennent pour prendre un café, discuter, nous montrer des photos de leurs familles ; d’autres ont des besoins plus spécifiques : santé, logement, papiers, aide juridique… nous servons  alors de relais pour les orienter vers les structures appropriées.

-Nouvelle zone obligatoire de travail pour les prostituées de Bruxelles-Ville 
pict. by Christophe Licoppe © Photo News

Le type de personnes en situation de prostitution que l’on rencontre varie d’un endroit à l’autre.

Sur l’Avenue Louise, on rencontre essentiellement des Albanaises, qui font pour la plupart partie de réseaux gérés par des proxénètes. Beaucoup d’entre elles ont moins de 25 ans, et sont parfois bien plus jeunes.

Elles ne parlent ni français ni flamand, et sont souvent arrivées en Belgique par la voie d’un passeur qui leur a promis du travail. Pour certaines d’entre elles, le travail en question c’était serveuse dans un bar, ou danseuse… mais en aucun cas elles ne pouvaient s’imaginer que le travail qui les attendait était celui de prostituée.

Une fois arrivées en Belgique, elles sont déjà endettées: elles doivent payer leur trajet au passeur, payer leur loyer qui est bien sûr excessivement cher. N’ayant pas de papiers, elles sont victimes de marchands de sommeil qui leur louent des logements insalubres à des prix prohibitifs.

Pour celles qui voudraient abandonner et passer outre l’aspect financier, il y a le risque de pressions, de représailles. Nombre d’entre elles ont souvent des enfants dans leur pays d’origine dont les proxénètes se servent afin de leur faire peur.

Il y a aussi le risque que le proxénète aille révéler à leur famille ce qu’elles font réellement à Bruxelles : dans une culture rurale et ultra pratiquante, cela signifie le déshonneur pour la famille et le bannissement pour la fille.

Il y a de nouveaux moyens de pression également, liés aux nouvelles technologies. Certaines des filles sont violées pendant leur passage du pays d’origine à la Belgique — viol qui est filmé. Si elles parlent ou tentent d’abandonner la rue pour une autre vie, leurs proxénètes les menacent d’envoyer la vidéo à leur famille ou de la publier sur les réseaux sociaux.

Dans le quartier d’Yser, les personnes que l’on rencontre sont issues de communautés différentes : filles de l’est, marocaines, espagnoles, rarement belges. Une des rues est réservée aux transexuels arrivant d’Amérique Latine. Yser est un quartier très populaire, et les personnes qui se prostituent là-bas sont souvent plus « abimées » — elles sont pour la plupart sous drogues.

Il y a beaucoup de clients et de proxénètes dans les rues, c’est très dense, et la pression exercée par ces derniers se fait davantage ressentir. Nous sommes par exemple régulièrement suivis pendant nos maraudes. Le téléphone des femmes sonnent souvent pendant nos conversations. Elles mettent alors fin à notre échange de façon brève : elles viennent d’être rappelées à l’ordre.

(photo d’illustration) – © Flickr – Spaceopera
  • Elles te disent quoi ces femmes que tu rencontres ? Elles sont contentes de vous parler ?

Elles sont souvent sur la défensive lors des premières rencontres et se livrent peu. La plupart pensent que nous sommes des travailleurs sociaux, que l’on vient uniquement leur procurer des préservatifs ou du café chaud.

Dans ce genre de rapport, l’échange étant axé sur un élément concret, une fois que la capote a été distribuée, il reste peu de place pour la parole. Le fait que nous soyons des bénévoles dont l’unique objectif est de tisser du lien, une conversation permet d’aller plus loin. Au fur et à mesure des semaines, certaines se mettent à se raconter : on passe de conversations banales sur la météo à des choses  bien plus intimes.

Je n’ai, pour ma part, jamais rencontré une seule personne me disant être satisfaite ou heureuse de se prostituer. Pour la plupart, faire le trottoir est le résultat d’une violence économique. Bien sûr certaines d’entre elles n’ont pas été « forcées » à proprement parler, beaucoup me racontent qu’elles auraient préféré faire autre chose si l’urgence et la nécessité de survivre et de nourrir leurs enfants ne leur avait pas laissé la prostitution comme seule alternative.

« Si les femmes avaient plus de choix économiques dans cette société, elles ne choisiraient pas d’être violentées dans la prostitution. » — Fiona Broafoot, ancienne prostituée

Le choix est finalement toujours relié à un contexte. Dans un contexte où les femmes subissent discrimination, pauvreté et violence, le consentement peut être acheté avec de l’argent. La pauvreté, des pertes familiales, le sans-abrisme, la toxicomanie, et une histoire d’abus sexuels et physiques se combinent pour rendre les jeunes femmes plus vulnérables à l’entrée dans la prostitution.

Souvent, la prostitution s’inscrit dans un continuum de violences qu’il semble impossible pour la victime d’enrayer.

  • Tu dis ne pas avoir rencontré de femmes heureuses de faire cette activité. Est-ce que tu penses que ça a un rapport avec le quartier dans lequel vous faîtes vos maraudes ? Pour celles pour qui ce serait possible c’est-à-dire sans chantage qu’est-ce qui explique qu’elles n’en sortent pas ?

Je ne pense pas que les quartiers dans lesquels nous faisons nos maraudes aient un impact sur le ressenti des personnes prostituées. L’avenue Louise se situe dans un quartier plutôt aisé, et Yser est un quartier très populaire. Dans les deux cas, elles ne sont à l’abris ni de la violence, ni des heures passées sous la pluie par -5° à attendre des clients, ni de la pression exercée par les proxénètes.

On se demande souvent pourquoi les femmes qui ne font pas partie de réseaux et n’ont pas de proxénètes ne décident pas de sortir de la prostitution au bout d’un moment. Je me rappelle de l’une d’entre elles qui me disait que la prostitution est une prison qui lui avait tout pris : son estime d’elle-même, sa confiance dans les hommes, sa santé mentale. Nombre d’entre elles souffrent d’ailleurs de stress post-traumatique :

« Après, je ne supportais plus le sexe. Une main masculine sur mon épaule me brûlait. Je n’ai plus eu aucune sexualité pendant trois ans. » — Mylène,  survivante de la prostitution, in Prostitution et Société

Après des années passées dans la rue à servir de réceptacles aux soi-disant « besoins » des hommes, il est difficile pour ces personnes de trouver la force d’arrêter, surtout quand il n’existe en Belgique aucun parcours de sortie et de réinsertion professionnelle adaptés à leurs situations.

“Non il n’est pas normal que le corps des femmes puisse être monnayé.”

  • Justement, est-ce que choisir de faire payer pour avoir ou donner du plaisir, ce n’est pas justement la plus grande liberté sexuelle dont les femmes peuvent disposer ?

A une période où le droit des femmes à disposer de leurs corps librement est un sujet des plus sensibles, il est légitime de se demander si la prostitution ne serait pas justement la meilleure incarnation d’une certaine liberté sexuelle.

Toutefois il convient de se demander de quelle liberté sexuelle nous parlons ? De celles des clients ou de celles des femmes ? Selon la définition de l’OMS, la liberté sexuelle revient à vivre pleinement sa santé et ses droits sexuels, basés sur l’égalité  et sans discrimination, force ou violence.

Or la prostitution est uniquement une question de pouvoir : quand on achète un acte sexuel,  on nie l’existence du désir de l’autre individu. C’est une prise de pouvoir sur l’autonomie sexuelle d’une autre personne.

Je suis pour l’abolition de la prostitution car je suis pro-sexe : je veux une vraie liberté sexuelle, une égalité entre hommes et femmes, et cela n’arrivera pas tant que la sexualité sera placée dans le champ du marché économique. La prostitution, ce sont uniquement des individus qui s’octroient le droit d’acheter du sexe.

  • Il convient par contre de faire la différence entre le prohibitionnisme et l’abolitionnisme : les prohibitionnistes veulent pénaliser tous les acteurs du système prostitutionnel, y compris les prostituées, alors que les abolitionnistes souhaitent uniquement la pénalisation de ceux qui sont en mesure de choisir : les proxénètes, les clients…

Je peux entendre l’argument selon lequel in fine chacun doit rester libre de ses décisions. Mais je me demande alors ce qu’il en est des personnes qui décident de vendre leurs organes ou qui acceptent de travailler pour moins que le salaire minimum légal. Ces personnes font des choix délibérés… alors pourquoi notre société condamne-t-elle l’acheteur d’organes ou l’employeur ?

Cette société dans laquelle je veux vivre, elle devrait pénaliser le client prostitueur, et pas la prostituée. Les clients doivent être responsabilisés au travers de la pénalisation de l’achat de services sexuels. En parallèle, un accompagnement efficace, des parcours de sortie et une protection pour les personnes qui souhaitent sortir de la prostitution doivent être mis en place. Nous voudrions que des logements d’urgence, des titres de séjour et des formations professionnelles soient fournis, un peu comme le propose le nouveau modèle français.

 

  • En quoi ça réglerait le problème de pénaliser le client ? En France, cette nouvelle loi pénalisant le client montre n’a permis de faire aucune avancée sur le sujet.

Le modèle Suédois a fait l’objet d’une évaluation en 2010. Cette dernière démontre que l’attaque de la demande et l’interdiction d’achat de services sexuels permettent de contrecarrer l’établissement du crime organisé et fait reculer la traite des êtres humains.

“Quand la décision d’aller faire le trottoir résulte de la nécessité de survivre, il n’y a pas de choix.”

Par ailleurs, l’explosion d’une prostitution clandestine n’est pas avérée, la prostitution ayant de toute façon toujours besoin d’un minimum de publicité.

Mais la pénalisation des clients a surtout un effet normatif. Alors qu’en 1999, la majorité des Suédois était contre l’interdiction de l’achat d’actes sexuels, plus de 70% de la population était désormais en faveur de cette loi dix ans plus tard. Cela renvoie donc un message fort à la société : non il n’est pas normal que le corps des femmes puisse être monnayé.  

Cela a également un impact sur les personnes prostituées : elles sont plus nombreuses à oser porter plainte en cas de violences aggravées et elles osent passer la porte des centres spécialisés leur offrant des parcours de sortie.

Il faut arrêter de voir les choses sous un angle micro, mais sous un angle macro : l’écrasante majorité des femmes prostituées ne le font pas par choix. Quand la décision d’aller faire le trottoir résulte de la nécessité de survivre, il n’y a pas de choix.

Il faut se demander dans quel type de société nous voulons vivre : en ce qui me  concerne, je ne veux pas expliquer à mon fils qu’il est normal qu’il puisse acheter le consentement d’une femme avec de l’argent.

Cela passe par la mise en place de campagnes de responsabilisation et de dissuasion envers les clients prostitueurs et des peines en cas de récidives. L’éducation est cruciale : des politiques de prévention de la prostitution et d’éducation à la vie sexuelle et affective égalitaires sont nécessaires.

Aujourd’hui, payer pour du sexe est une pratique néo-libérale comme une autre. L’échange d’argent contre du sexe éloigne l’attention du processus de chosification des femmes par lequel elles deviennent des marchandises.

« La question qui se pose n’est pas de savoir si le contrat commercial, qui prévoit un service social en échange d’argent, est privilégié ou librement consenti. La question est de savoir si nous voulons un monde où tout se paie – unilatéralement – ou bien un monde dans lequel le terme d’échange garde un sens en dehors de son équivalence générale. J’affirme que la marchandisation généralisée des relations humaines et des corps  coïncide avec l’échec de l’ambition démocratique. » — Françoise Collin in Prostitution : point de rencontre entre l’exploitation économique et sexuelle, Le Monde selon les femmes

Et si la prostitution était vraiment un métier comme un autre, seriez vous d’accord pour que votre fille ou votre sœur se prostitue ?

“Cette société dans laquelle je veux vivre, elle devrait pénaliser le client prostitueur.”

  • Pour contrer cette objectification, certaines personnes se sont lancées dans les doll houses. Est-ce que tu penses que c’est une bonne façon de lutter contre cette prostitution subie ?

Je ne sais pas quelles conséquences auront ces nouveaux types de commerces sur la situation des personnes prostituées. Je doute fort qu’un client régulier décide de se tourner vers des poupées gonflables quand il sait qu’il peut tout aussi facilement payer pour du sexe.

Ce qui m’effraie davantage est le type de message que l’on renvoie une fois de plus à la société. L’usine principale qui commercialise ces poupées les décrivent comme « les femmes dont les hommes ont toujours rêvé », les présentant comme des « femmes faciles toujours partantes pour du sexe ».

Ce que l’on fait ici, c’est clairement la promotion d’un rapport non consenti, avec une représentation — en plastique certes — mais tout de même d’une femme passive, totalement inconsciente et dans l’incapacité de dire non.